1670 · Les Invalides (7e), Paris

La fondation des Invalides

La fondation des Invalides

Avant 1670, un soldat estropié au service du roi de France n'avait souvent qu'une issue : mendier sur les routes ou échouer dans un hospice surchargé. Aucune institution ne prenait en charge les vétérans mutilés ou trop âgés pour combattre. Louis XIV décide d'y mettre fin par un édit signé en avril 1670, qui ordonne la construction, à l'extrémité ouest de la plaine de Grenelle, d'un « hôtel royal » pour loger ces hommes.

Un édit de 1670 contre la mendicité des soldats

L'idée n'était pas neuve. Henri IV avait esquissé une « maison de la charité chrétienne », Henri III un projet semblable, sans lendemain durable. C'est Louis XIV, conseillé par son secrétaire d'État à la Guerre Louvois, qui transforme l'intention en chantier. L'édit royal d'avril 1670 affirme vouloir loger les officiers et soldats « tant estropiés que vieux et caduques ». Derrière l'élan charitable se cache aussi un calcul : retirer des rues des vétérans devenus encombrants et donner à l'armée l'image d'un service qui n'abandonne pas les siens.

Libéral Bruant et un chantier mené en quatre ans

Le terrain choisi est alors en dehors de Paris, sur la rive gauche de la Seine. L'architecte Libéral Bruant en dresse les plans : une vaste composition ordonnée autour de cours rectangulaires, dominée par la grande cour d'honneur. Les travaux commencent en 1671 et avancent vite. Dès octobre 1674, les premiers pensionnaires emménagent, alors que l'ensemble n'est pas achevé. Bruant signe la façade nord, longue d'environ 196 mètres, et la disposition rigoureuse des bâtiments. C'est plus tard, à partir de 1676, que Jules Hardouin-Mansart prend le relais pour l'église.

Deux églises et un dôme commencé en 1677

Le site comporte en réalité deux sanctuaires accolés. L'église Saint-Louis-des-Invalides, dite « église des soldats », servait aux pensionnaires pour les offices quotidiens. Hardouin-Mansart y ajoute l'église du Dôme, réservée au roi, dont la construction débute en 1677 et s'achève au tout début du XVIIIe siècle. Sa coupole, recouverte de feuilles d'or, culmine à plus de 100 mètres et reste l'un des repères du ciel parisien. À son ouverture, l'hôtel pouvait accueillir plusieurs milliers de pensionnaires, chiffre considérable pour l'époque.

Ce que l'on voit encore dans le 7e arrondissement

L'ensemble n'a jamais cessé sa fonction d'origine : une institution y accueille toujours des militaires blessés ou âgés. Mais le lieu a aussi changé de visage. En 1840, les cendres de Napoléon Ier, rapatriées de Sainte-Hélène, sont déposées sous le Dôme ; son tombeau de quartzite rouge y est installé en 1861. Les Invalides abritent par ailleurs le musée de l'Armée. La cour d'honneur dessinée par Bruant, l'esplanade ouverte vers la Seine et l'alignement des canons rappellent encore l'ambition militaire du règne de Louis XIV.

Le saviez-vous ? Le 14 juillet 1789, avant de marcher sur la Bastille, les Parisiens prennent d'assaut les Invalides et s'emparent d'environ 30 000 fusils entreposés dans les caves de l'hôtel. L'institution destinée aux vétérans du roi a ainsi armé l'insurrection contre lui.

En images

Louis XIV
Louis XIV
L'architecte Bruand
L'architecte Bruand
Construction des bâtiments
Construction des bâtiments
Le dôme des Invalides
Le dôme des Invalides
Accueil des soldats
Accueil des soldats
Un lieu de mémoire
Un lieu de mémoire
Héritage de la France
Héritage de la France