21 janvier 1793 · Place de la Concorde, Paris
L'exécution de Louis XVI

Le 21 janvier 1793, vers 10 h 20 du matin, la lame de la guillotine tombe sur la nuque de Louis XVI, place de la Révolution — l'actuelle place de la Concorde. Quelques minutes plus tôt, l'ancien roi avait tenté de s'adresser à la foule. Le roulement des tambours, ordonné par le général Santerre, couvrit aussitôt sa voix.
D'un procès au vote serré de la Convention
Arrêté à Varennes en juin 1791, déchu après la journée du 10 août 1792, Louis Capet — comme on l'appelle désormais — est jugé par la Convention nationale. La découverte de l'armoire de fer aux Tuileries, en novembre 1792, livre une correspondance compromettante qui accable le souverain. Le procès s'ouvre en décembre. Le 15 janvier 1793, la Convention déclare le roi coupable de conspiration contre la liberté publique à une écrasante majorité. Mais le vote sur la peine, le 17 janvier, divise les députés : la mort l'emporte par 387 voix contre 334. Parmi ceux qui votent l'exécution figure Philippe d'Orléans, cousin du roi, qui avait pris le nom de Philippe Égalité.
Le trajet et l'échafaud
Au matin du 21 janvier, le condamné quitte la prison du Temple. Le carrosse, escorté par une garde considérable, met près de deux heures à traverser Paris jusqu'à la place de la Révolution. L'échafaud se dresse non loin de l'emplacement où trônait autrefois la statue équestre de Louis XV, abattue en 1792. Le roi est assisté de l'abbé Henry Essex Edgeworth de Firmont, prêtre irlandais resté fidèle. La tradition rapporte que celui-ci aurait lancé « Fils de saint Louis, montez au ciel ! », mais Edgeworth lui-même a écrit plus tard ne pas se souvenir d'avoir prononcé cette phrase, devenue légendaire sans preuve solide.
Charles-Henri Sanson et la mécanique du supplice
L'exécution est conduite par Charles-Henri Sanson, bourreau de Paris, qui appartient à une dynastie d'exécuteurs en place depuis le début du XVIIIe siècle. La machine employée, mise au point sous le patronage du docteur Antoine Louis et popularisée par le député Joseph Guillotin, fonctionnait en France depuis 1792. Après la décapitation, un aide brandit la tête devant l'assistance. Des témoins rapportent que des spectateurs trempèrent mouchoirs et papiers dans le sang répandu. Le corps fut transporté au cimetière de la Madeleine et recouvert de chaux vive.
Ce que la Concorde garde de ce jour
Rien ne signale précisément, sur la place, l'endroit de l'échafaud. L'obélisque de Louxor, offert par le vice-roi d'Égypte Méhémet Ali, n'y fut érigé qu'en 1836, sous Louis-Philippe, pour neutraliser une place trop chargée de mémoires politiques. Les restes présumés de Louis XVI et de Marie-Antoinette, exhumés en 1815 sous la Restauration, furent transférés à la basilique de Saint-Denis. À l'emplacement du cimetière de la Madeleine, Louis XVIII fit élever la chapelle expiatoire, rue Pasquier, achevée en 1826.
Le saviez-vous ? La place changea trois fois de nom en cinquante ans. Inaugurée « place Louis-XV », elle devint « place de la Révolution » en 1792, puis « place de la Concorde » en 1795, sous le Directoire, pour tourner la page des exécutions. Plus de mille personnes y furent guillotinées entre 1793 et 1795, dont Marie-Antoinette, Danton et Robespierre.
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