Ier-IIe s. · Arles
Arles romaine et son amphithéâtre

Deux tours médiévales se dressent encore au-dessus des arcades de l'amphithéâtre d'Arles. Elles rappellent qu'au Moyen Âge, le monument romain n'était plus un lieu de spectacle mais une forteresse habitée : on avait muré ses arches, dressé des maisons et une chapelle à l'intérieur de l'arène. Avant cela, des dizaines de milliers de spectateurs s'y étaient pressés pour voir combattre les gladiateurs.
Une cité récompensée par César
Arelate, l'Arles antique, doit son essor à un choix politique. Lors de la guerre civile qui oppose Jules César à Pompée, la ville prend le parti de César et lui fournit des navires pour le siège de Marseille, en 49 av. J.-C. La récompense ne tarde pas : en 46 av. J.-C., César y installe une colonie de vétérans de la sixième légion. Son nom officiel, Colonia Iulia Paterna Arelate Sextanorum, garde la trace de ces soldats. Située sur le Rhône, à la croisée des routes terrestres et fluviales, la colonie prospère par le commerce. Marseille, punie pour avoir soutenu Pompée, perd alors son rang au profit d'Arles.
L'amphithéâtre : 21 000 places vers l'an 90
Le monument que les Arlésiens appellent « les Arènes » date des années 80-90 apr. J.-C., sous la dynastie flavienne, peu après l'achèvement du Colisée de Rome. De forme elliptique, il mesure 136 mètres sur 107 et comptait deux niveaux de soixante arcades. Sa capacité est estimée autour de 20 000 à 25 000 spectateurs, répartis selon leur rang sur les gradins. On y donnait des combats de gladiateurs et des chasses d'animaux (venationes). Sous l'arène, des structures techniques permettaient de gérer les décors et les cages. C'est l'un des plus grands amphithéâtres de la Gaule romaine, comparable à celui de Nîmes, sa voisine et rivale.
D'un théâtre à un aqueduc : la ville de pierre
L'amphithéâtre n'est pas isolé. Dès le règne d'Auguste, Arles se dote d'un théâtre, achevé vers 12 av. J.-C., dont subsistent deux colonnes de marbre surnommées « les deux veuves ». La ville reçoit aussi un forum, des thermes, un cirque pour les courses de chars, et un réseau souterrain de galeries, les cryptoportiques, qui soutenaient la place publique. L'eau venait des Alpilles par un aqueduc dont les meuniers de Barbegal, près de Fontvieille, tiraient parti : on y a fouillé une meunerie hydraulique à seize roues, l'une des plus importantes concentrations de force hydraulique connues du monde antique. En 1981, l'ensemble des monuments romains et romans d'Arles a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Un sarcophage et des nécropoles chrétiennes
Au-delà des spectacles, Arles fut un foyer chrétien précoce. La nécropole des Alyscamps, alignée le long de la voie Aurélienne, attira tant de sépultures qu'au Moyen Âge on expédiait des corps par le Rhône pour y être inhumés. La ville accueillit aussi, en 314, un concile réuni par l'empereur Constantin. Les ateliers locaux ont produit nombre de sarcophages de marbre sculpté, aujourd'hui conservés au musée départemental Arles antique, qui abrite par ailleurs un chaland gallo-romain de 31 mètres repêché dans le Rhône en 2010.
Le saviez-vous ? La première course de taureaux moderne dans les arènes d'Arles a eu lieu en 1830, pour célébrer la prise d'Alger. Le monument, transformé en quartier d'habitation au Moyen Âge, ne fut dégagé de ses maisons qu'à partir de 1825.
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