XXIe s. · La Défense

Le Grand Paris et la ville de demain

Le Grand Paris et la ville de demain

Le 14 juillet 1989, des défilés militaires passent sous une arche de marbre blanc plantée à la pointe ouest de Paris. La Grande Arche, cube évidé de 110 mètres de côté, vient d'être inaugurée pour le bicentenaire de la Révolution. Elle ferme l'axe historique qui part du Louvre, traverse les Champs-Élysées et l'Arc de triomphe, et clôt le quartier d'affaires de La Défense. Trente ans plus tard, ce même territoire devient le laboratoire d'un projet bien plus vaste : reconnecter Paris à sa banlieue.

1958 : le CNIT, premier pari sur les hauteurs

La Défense ne sort pas de terre avec ses tours de verre. Tout commence le 9 septembre 1958, quand est créé l'Établissement public pour l'aménagement de la région de La Défense (EPAD), chargé d'urbaniser ces terrains industriels à cheval sur Puteaux, Courbevoie et Nanterre. La même année s'achève le CNIT, le Centre des nouvelles industries et technologies, dont la voûte de béton reste l'une des plus grandes coques autoportantes au monde. Les premières tours, livrées dans les années 1960, sont volontairement bridées : 100 mètres de hauteur maximum. La Tour Fiat de 1974, haute de 184 mètres, brise cette règle. Aujourd'hui, la Tour First culmine à 231 mètres, plus haut gratte-ciel de France.

Une arche dessinée par un Danois mort avant l'inauguration

Le concours de la Tête Défense est remporté en 1983 par l'architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, assisté de l'ingénieur Erik Reitzel. Le projet est radical : un cube creux aligné sur l'axe royal, mais légèrement dévié de 6 degrés pour des raisons techniques de fondations. Spreckelsen, épuisé, se retire en 1986 et confie la responsabilité architecturale à Paul Andreu. Il meurt en 1987, deux ans avant de voir son œuvre achevée. La Grande Arche fut d'abord baptisée Arche de la Fraternité.

La loi de 2010 : 200 kilomètres de métro automatique

Le quartier d'affaires montrait les limites d'une métropole où la banlieue reste mal reliée. La loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris crée la Société du Grand Paris et lance le Grand Paris Express : quatre nouvelles lignes de métro entièrement automatiques (15, 16, 17, 18) et le prolongement de la ligne 14. Soit environ 200 kilomètres de voies nouvelles, l'un des plus grands chantiers d'infrastructure d'Europe. Le premier jalon majeur tombe le 24 juin 2024 : la ligne 14, prolongée au nord jusqu'à Saint-Denis-Pleyel et au sud jusqu'à l'aéroport d'Orly, est mise en service quelques semaines avant les Jeux olympiques. Les lignes 15, 16, 17 et 18 s'échelonneront jusqu'à la fin de la décennie.

Un budget qui a presque doublé

L'ambition a un prix, et il n'a cessé de grimper. Le tracé arrêté en 2013 chiffrait le réseau à 22,6 milliards d'euros. En 2017, la même estimation atteignait 35,1 milliards. La Cour des comptes et le Sénat ont multiplié les rapports sur ce dérapage, lié à la complexité géologique du sous-sol francilien et au calendrier serré. À La Défense, la future gare de la ligne 15 illustre ce pari : faire du quartier d'affaires non plus un point d'arrivée pour les seuls Parisiens, mais un nœud de la banlieue à la banlieue, sans transit par le centre.

Le saviez-vous ? La Grande Arche n'est pas alignée pile sur l'axe Louvre–Champs-Élysées : elle pivote d'environ 6 degrés. Ce décalage, dû à la position des fondations au-dessus des voies ferrées et de l'autoroute A14, reprend d'ailleurs l'inclinaison déjà adoptée pour le Louvre et sa pyramide.

En images

La Défense aujourd'hui
La Défense aujourd'hui
Les immeubles innovants
Les immeubles innovants
Espaces de vie
Espaces de vie
Mobilité du futur
Mobilité du futur
Technologie omniprésente
Technologie omniprésente
Communauté connectée
Communauté connectée
L'avenir en marche
L'avenir en marche