Ier s. · Fourvière, Lyon

Lugdunum, capitale des Gaules

Lugdunum, capitale des Gaules

Sur la colline de Fourvière, à Lyon, deux théâtres antiques s'ouvrent encore à flanc de pente, dominant le confluent du Rhône et de la Saône. C'est ici, le 9 octobre 43 avant notre ère, qu'un sénateur romain nommé Lucius Munatius Plancus installa une colonie pour des citoyens chassés de Vienne. La ville s'appela Lugdunum, et elle devint pour trois siècles le centre administratif de la Gaule romaine.

43 av. J.-C. : une fondation décidée par le Sénat

Plancus, gouverneur de la Gaule chevelue et ancien lieutenant de Jules César, agit sur ordre du Sénat. Les colons étaient des Romains expulsés de la colonie voisine de Vienne par les Allobroges. Le site choisi, la colline de Fourvière (l'ancien Forum vetus, le « vieux forum »), offrait une position défensive au-dessus du confluent et au carrefour des voies fluviales. Le nom Lugdunum est généralement rattaché à une racine celtique : la « colline » ou la « forteresse » (dunon), peut-être associée au dieu Lug, sans que les linguistes s'accordent pleinement sur ce premier élément.

Le sanctuaire des Trois Gaules et l'autel de 12 av. J.-C.

En 12 avant notre ère, Drusus, beau-fils d'Auguste, inaugura au pied de la Croix-Rousse un autel dédié à Rome et à Auguste. Soixante peuples gaulois y déléguaient chaque année des représentants pour une assemblée fédérale, le concilium Galliarum. Le premier prêtre de ce culte fut un Éduen, Caius Iulius Vercondaridubnus. Cet autel figure sur des monnaies frappées à Lyon : on y voit deux colonnes surmontées de Victoires encadrant l'autel. L'amphithéâtre voisin, dit des Trois Gaules, dont les vestiges sont visibles aujourd'hui, accueillait ces délégués.

Capitale impériale et atelier monétaire

Lyon abritait l'atelier monétaire impérial le plus important d'Occident : sous Auguste, il frappa une grande partie de l'or et de l'argent de l'Empire. La ville reçut un aqueduc majeur, celui du Gier, long de plus de 80 kilomètres, dont les arches et les ponts-siphons subsistent dans les monts du Lyonnais. Deux empereurs y naquirent : Claude, en 10 avant notre ère, et plus tard Caracalla. Devenu empereur, Claude prononça en 48 un discours pour ouvrir le Sénat romain aux notables gaulois ; le texte, gravé sur bronze, fut retrouvé à Lyon en 1528 et se nomme la Table claudienne.

197 : la bataille qui ruina la ville

Le 19 février 197, sous les murs de Lyon, l'empereur Septime Sévère écrasa son rival Clodius Albinus, proclamé par les légions de Bretagne. La cité, qui avait soutenu le vaincu, fut pillée. Elle ne retrouva jamais son rang : au IIIe siècle, la résidence du gouverneur et l'essentiel de l'administration s'orientèrent vers Trèves, et Lyon perdit son statut de capitale des Gaules.

Le saviez-vous ? En 177, lors d'une persécution, des chrétiens de Lyon furent suppliciés dans l'amphithéâtre des Trois Gaules. Parmi eux, une jeune esclave, Blandine, livrée aux bêtes ; le récit de leur martyre nous est connu par une lettre conservée chez l'historien Eusèbe de Césarée.

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