Ve-IIe av. J.-C. · Mont Beuvray

Bibracte, capitale des Éduens

Bibracte, capitale des Éduens

Au sommet du mont Beuvray, à 821 mètres d'altitude, en Bourgogne, s'étendait il y a deux mille ans une ville de plusieurs milliers d'habitants. Bibracte, capitale du peuple gaulois des Éduens, occupait près de 200 hectares ceinturés par un rempart. C'est là, selon César, que les chefs gaulois se rallièrent à Vercingétorix en 52 av. J.-C.

Un rempart de bois, de pierre et de fer

Bibracte n'est pas un simple village fortifié : c'est un oppidum, une ville haute protégée par une muraille de type murus gallicus. Cette technique, décrite par César dans la Guerre des Gaules, mêle des poutres de bois assemblées en quadrillage, des pierres et de la terre, le tout cloué par de longues fiches de fer. À Bibracte, on a retrouvé des tonnes de ces clous forgés. Le rempart enferme un site dont la superficie a varié, de l'ordre de 135 à 200 hectares selon les phases. À l'entrée principale, la Porte du Rebout, la muraille s'évase en un large couloir d'accès.

Les Éduens, alliés de Rome avant la conquête

Les Éduens contrôlaient un vaste territoire entre Loire et Saône. Bien avant la conquête, ils avaient noué une alliance avec Rome : le Sénat les avait reconnus comme fratres, « frères », du peuple romain. Cette amitié leur valait prestige et protection, mais aussi des rivalités avec leurs voisins, notamment les Arvernes et les Séquanes. En 58 av. J.-C., c'est en partie pour répondre à l'appel des Éduens, menacés par la migration des Helvètes, que César intervint en Gaule. La bataille décisive contre les Helvètes se déroula d'ailleurs à proximité de Bibracte.

De la ville gauloise à l'abandon

Bibracte connaît son apogée à la fin du IIe et au Ier siècle av. J.-C. On y travaillait le métal, on y frappait la monnaie, on y faisait commerce du vin importé d'Italie, comme l'attestent les milliers de fragments d'amphores exhumés. Après la conquête, la ville ne survit pas longtemps : sous Auguste, vers la fin du Ier siècle av. J.-C., la population se déplace vers une cité neuve fondée en plaine, Augustodunum, l'actuelle Autun, à une vingtaine de kilomètres. Bibracte se vide et tombe dans l'oubli.

Le site fut redécouvert au XIXe siècle. C'est l'archéologue Jacques-Gabriel Bulliot qui, à partir de 1867, identifia le mont Beuvray à la Bibracte des textes antiques et y mena les premières fouilles, poursuivies ensuite par son neveu Joseph Déchelette. Les fouilles reprirent à grande échelle après 1984, dans le cadre d'un programme européen. On peut aujourd'hui parcourir le rempart reconstitué de la Porte du Rebout, voir les fondations de maisons et de la basilique, et visiter le musée de Bibracte au pied du mont.

Le saviez-vous ? La période ouverte par la datation de l'époque, du Ve au IIe siècle av. J.-C., correspond à l'essor des Éduens, mais l'occupation principale et monumentale de l'oppidum se concentre surtout sur les deux derniers siècles avant notre ère, juste avant que la fondation d'Autun ne précipite l'abandon de la capitale.

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Sous Mont Beuvray
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Cœur des Éduens
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Marché animé
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Conseil des sages
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Alliances stratégiques
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Vestiges modernes
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Héritage vivant
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