52 av. J.-C. · Alise-Sainte-Reine
Alésia : la reddition de Vercingétorix

En septembre 52 av. J.-C., un chef gaulois sort à cheval d'une ville assiégée, dépose ses armes aux pieds d'un général romain assis sur son siège, et s'assoit en silence. La scène a lieu sous les murs d'Alésia, sur le mont Auxois, à l'emplacement de l'actuelle Alise-Sainte-Reine, en Côte-d'Or. Elle scelle la fin de la guerre des Gaules et le sort de Vercingétorix.
Une double ligne de fortifications de plusieurs kilomètres
Après l'échec de l'assaut sur Gergovie au printemps 52, Jules César poursuit l'armée gauloise et la contraint à se réfugier dans l'oppidum d'Alésia, place forte des Mandubiens. Plutôt que de donner l'assaut, César choisit le blocus. Ses légions construisent une circonvallation, une ligne de fortifications tournée vers la place pour empêcher toute sortie, puis une contrevallation tournée vers l'extérieur, pour se protéger de l'armée de secours attendue. Fossés, palissades, tours, pièges enterrés : César décrit lui-même ces ouvrages dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules. Les fouilles menées au XIXe siècle puis dans les années 1990 ont retrouvé ces fossés et confirmé le dispositif sur le terrain.
L'échec de l'armée de secours gauloise
Vercingétorix avait fait appel à l'ensemble des peuples gaulois. Une armée de secours considérable se rassemble — César avance le chiffre, sans doute exagéré, d'environ 250 000 hommes — et tente à plusieurs reprises de briser les lignes romaines. L'attaque la plus dangereuse vise le camp romain installé sur le flanc nord-ouest, là où le relief gênait la fortification. César engage ses dernières réserves et lance sa cavalerie, notamment des cavaliers germains, sur les arrières des assaillants. L'armée de secours est mise en déroute. Privé d'espoir et de vivres, Vercingétorix réunit le conseil des chefs assiégés et se rend.
Six ans de captivité avant le triomphe
Livré aux Romains, Vercingétorix n'est pas exécuté sur place. César le garde prisonnier pendant six ans pour le faire figurer à son triomphe, célébré à Rome en 46 av. J.-C. Le captif est exhibé dans le cortège, puis étranglé dans la prison du Tullianum, au pied du Capitole, selon l'usage réservé aux ennemis vaincus. La Gaule, elle, passe sous domination romaine. Le récit que nous en avons vient pour l'essentiel de César lui-même, juge et partie, ce qui invite à lire ses chiffres avec prudence.
Alise-Sainte-Reine, lieu d'un long débat savant
L'identification d'Alésia avec Alise-Sainte-Reine n'a rien d'évident : elle fut tranchée sous Napoléon III, qui finança des fouilles entre 1861 et 1865 et fit ériger sur le plateau une statue colossale de Vercingétorix, due au sculpteur Aimé Millet. D'autres sites, comme Chaux-des-Crotenay dans le Jura, ont été proposés au XXe siècle. Les campagnes archéologiques franco-allemandes des années 1990, dirigées par Michel Reddé et Siegmar von Schnurbein, ont confirmé la présence des fortifications romaines décrites par César et clos le débat pour l'essentiel. On visite aujourd'hui le MuséoParc Alésia, ouvert en 2012, et les vestiges de la ville gallo-romaine qui occupa ensuite le site.
Le saviez-vous ? La célèbre image de Vercingétorix jetant ses armes aux pieds de César, popularisée par le tableau de Lionel Royer en 1899, est une reconstitution romantique. Le récit de César, plus sobre, dit seulement que le chef gaulois se rendit et fut livré.
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