1525 · (évoqué) Louvre

La capture de François Ier à Pavie

La capture de François Ier à Pavie

Le 24 février 1525, au petit matin, dans le parc clôturé du château de Mirabello, au nord de Pavie, le roi de France François Ier combat à pied, désarçonné, entouré de quelques fidèles. Sa monture vient d'être tuée sous lui. Vers neuf heures, il se rend à des soldats de Charles Quint. C'est le désastre militaire le plus retentissant qu'ait connu la monarchie française de la Renaissance.

Une guerre pour le duché de Milan

L'affaire de Pavie s'inscrit dans la longue rivalité entre François Ier, roi depuis 1515, et l'empereur Charles Quint, maître de l'Espagne, des Pays-Bas et du Saint-Empire. L'enjeu est le Milanais, que François avait conquis à Marignan en 1515 puis reperdu. À l'automne 1524, le roi repasse les Alpes, reprend Milan sans combat et met le siège devant Pavie, défendue par une garnison impériale commandée par Antonio de Leyva. Le siège s'éternise pendant l'hiver. Les murailles tiennent, les vivres manquent, et une armée de secours impériale finit par approcher.

Quatre heures de bataille décisive

Dans la nuit du 23 au 24 février, les troupes impériales conduites par Charles de Lannoy et le marquis de Pescara percent le mur du grand parc seigneurial et surprennent l'armée française. L'affrontement tourne court. La gendarmerie française, lourde cavalerie noble qui fait la fierté du royaume, charge mais se retrouve sous le feu des arquebusiers espagnols, embusqués et redoutablement efficaces. Pavie marque l'un des premiers triomphes de l'arme à feu portative sur la chevalerie. En quelques heures, l'élite militaire française est anéantie. Parmi les morts figure Guillaume Gouffier de Bonnivet, et le vieux maréchal Jacques de La Palice y laisse aussi la vie.

« Tout est perdu, fors l'honneur »

Prisonnier, François Ier est d'abord détenu en Italie, puis transféré en Espagne où il est enfermé à Madrid. De sa captivité, il aurait écrit à sa mère Louise de Savoie, régente du royaume, une lettre résumée par la formule restée célèbre : « De toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie. » La version populaire « Tout est perdu, fors l'honneur » est une reformulation tardive, le roi n'a jamais écrit ces mots exacts. Pour recouvrer la liberté, il signe en janvier 1526 le traité de Madrid, cédant la Bourgogne et renonçant à l'Italie. Libéré contre la remise en otage de ses deux fils, il répudie aussitôt l'accord dès son retour en France.

Ce qu'il en reste, du champ de bataille au Louvre

À Pavie, on visite encore la Chartreuse de Pavie, monastère que les Visconti puis les Sforza avaient édifié à quelques kilomètres au nord de la ville, dans la zone même des opérations. La mémoire de la bataille se lit aussi dans une série de sept grandes tapisseries flamandes tissées vers 1528-1531, aujourd'hui conservées au musée de Capodimonte à Naples. En France, c'est au musée du Louvre que le souvenir de François Ier reste le plus vivant : roi mécène, il fit venir Léonard de Vinci, acheta La Joconde, et constitua le noyau des collections royales d'où le musée est issu.

Le saviez-vous ? Le château de Madrid, élégante demeure que François Ier fit bâtir à son retour de captivité dans le bois de Boulogne, doit son nom à sa prison espagnole. Démoli au XVIIIe siècle, il n'en subsiste plus rien.

En images

La bataille
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La déroute
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La capture
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L'otage
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L'incertitude
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Les négociations
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Le retour
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