987 · Île de la Cité

Hugues Capet élu roi des Francs

Hugues Capet élu roi des Francs

Le 22 mai 987, dans la forêt d'Halatte près de Senlis, un jeune roi de vingt ans tombe de cheval pendant une partie de chasse. Louis V meurt de ses blessures, sans fils. En quelques semaines, c'est la dynastie carolingienne — celle de Charlemagne — qui s'éteint, et un duc dont le pouvoir s'enracine à Paris va ceindre la couronne.

Un héritier carolingien écarté à Senlis

La mort de Louis V ne laissait pourtant pas le trône vacant de droit. Il restait un Carolingien : Charles de Basse-Lotharingie, oncle du défunt et frère du roi Lothaire, héritier légitime du sang de Charlemagne. Mais en juin 987, l'assemblée des grands réunie à Senlis l'écarte. L'homme qui emporte la décision est l'archevêque de Reims, Adalbéron, soutenu par le savant Gerbert d'Aurillac, futur pape Sylvestre II. Tous deux reprochent à Charles ses liens avec la cour ottonienne et son mariage jugé indigne. À sa place, les seigneurs acclament Hugues, duc des Francs et comte de Paris, issu de la famille robertienne.

Le sacre de Noyon, 3 juillet 987

Hugues n'est pas roi par le sang : il l'est par l'élection et par l'onction. Le 3 juillet 987, il est couronné et sacré dans la cathédrale de Noyon, des mains d'Adalbéron. Le rituel n'a rien d'improvisé : il reprend la cérémonie d'onction inaugurée par Pépin le Bref en 751, qui faisait du roi un élu de Dieu. Détail révélateur de la prudence du nouveau souverain : dès la fin de l'année, Hugues fait associer son fils Robert au trône et le fait sacrer, pour assurer la transmission héréditaire que sa propre élection ne garantissait pas. Cette habitude d'associer l'héritier du vivant du père durera plus d'un siècle chez les Capétiens.

Paris et l'Île de la Cité, socle d'un pouvoir réel

Si Hugues s'impose, c'est que son domaine vaut mieux que son titre. Comte de Paris, il tient les deux ponts de la Seine et l'Île de la Cité, verrou commercial et militaire entre la Neustrie et la Bourgogne. C'est là, sur l'ancienne pointe de la Cité, que ses descendants installeront le Palais royal — l'actuel Palais de la Cité, dont subsistent la Conciergerie et la Sainte-Chapelle, élevée plus tard par Saint Louis. Le surnom de « Capet », d'origine débattue, ne lui fut d'ailleurs pas donné de son vivant : il s'attache à lui surtout à partir du XIIe siècle.

Une royauté fragile, une dynastie tenace

Élu ne veut pas dire obéi. Charles de Lorraine ne renonce pas : au printemps 988, il s'empare de Laon par surprise et se fait proclamer roi. La lutte dure trois ans. Elle s'achève le 29 mars 991, quand Charles et son allié l'archevêque Arnoul sont livrés à Hugues par trahison, à Laon. Captif, le dernier prétendant carolingien disparaît. Hugues Capet meurt en 996, après un règne de neuf ans, sans avoir étendu beaucoup son autorité réelle. Mais la dynastie qu'il fonde régnera, en ligne directe puis par ses branches, jusqu'en 1848.

Le saviez-vous ? Hugues Capet n'a jamais porté le titre de « roi de France » : les actes de son règne le disent rex Francorum, roi des Francs. L'expression « roi de France » ne s'imposera dans la chancellerie royale qu'à la fin du XIIe siècle, sous Philippe Auguste.

En images

Election
Election
Couronnement
Couronnement
Déclin Carolingien
Déclin Carolingien
Réformes
Réformes
Alliances
Alliances
Nouveau Royaume
Nouveau Royaume
Dynastie Capétienne
Dynastie Capétienne