52 av. J.-C. · Rive gauche (Arènes de Lutèce), Paris

La bataille de Lutèce et la conquête romaine

La bataille de Lutèce et la conquête romaine

À l'été 52 av. J.-C., toute la Gaule s'embrase derrière Vercingétorix. Pendant que César assiège l'Auvergne, il détache son lieutenant Titus Labienus vers le nord avec quatre légions. Objectif : tenir le pays des Parisii, une tribu installée sur la Seine, autour d'un oppidum nommé Lutèce.

Labienus face aux marais de la Seine

Le récit tient à un seul texte : le livre VII de la Guerre des Gaules, dicté par César lui-même. Labienus marche d'abord sur Melun (Metiosedum), s'en empare, puis redescend le fleuve vers Lutèce. Les Parisii et leurs alliés ont confié le commandement à Camulogène, un chef âgé que César dit pourtant redoutable. Avant l'arrivée des Romains, les Gaulois incendient leur propre oppidum et coupent les ponts pour priver l'ennemi de tout passage sur la Seine.

Le terrain joue contre Labienus. Des marais bordent le fleuve et bloquent ses manœuvres. Il opère alors une feinte de nuit, fait passer une partie de ses troupes pendant que d'autres trompent l'adversaire, et finit par franchir la Seine.

Un affrontement gagné par la discipline romaine

La bataille se livre, selon la lecture la plus courante du texte, sur la rive gauche, dans la plaine qui s'étend au sud de l'actuelle île de la Cité. Les légionnaires, mieux entraînés et tenant leurs rangs, l'emportent sur les Gaulois. Camulogène tombe au combat. Sa mort brise la résistance : Labienus rallie ensuite César, qui regroupe ses forces avant le siège décisif.

Quelques semaines plus tard, à Alésia, Vercingétorix capitule. Lutèce, elle, passe sous contrôle romain sans qu'aucune autre bataille n'y soit signalée.

De l'oppidum gaulois à la ville gallo-romaine

Détruite en 52 av. J.-C., Lutèce renaît sous Rome, mais déplacée. La ville nouvelle se développe sur la rive gauche, sur la pente de la montagne Sainte-Geneviève, organisée autour d'un cardo qui suit le tracé de l'actuelle rue Saint-Jacques. On y construit forum, thermes et un amphithéâtre.

Deux vestiges restent visibles aujourd'hui. Les thermes de Cluny, dont le frigidarium voûté du IIe ou IIIe siècle abrite une partie du musée national du Moyen Âge. Et les arènes de Lutèce, dégagées en 1869 lors du percement de la rue Monge, où Victor Hugo s'engagea pour leur sauvegarde.

L'emplacement exact reste débattu

Localiser précisément le champ de bataille est impossible. César décrit un combat près de Lutèce sans coordonnées, et les historiens discutent encore du site : plaine de Grenelle, secteur de Vaugirard, ou abords sud de l'île. Une thèse plus récente situe même l'oppidum des Parisii non sur l'île de la Cité, mais à Nanterre, où des fouilles ont mis au jour un vaste site gaulois. Le débat n'est pas tranché.

Le saviez-vous ? Le nom de Paris ne vient pas de Lutèce mais des Parisii eux-mêmes. La cité ne prend le nom de Civitas Parisiorum, « cité des Parisii », qu'au Bas-Empire, vers le IVe siècle, avant de devenir tout simplement Paris.

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Lutèce en alerte
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Les chefs gaulois
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L'armée romaine
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La défaite gauloise
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La reddition
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La romanisation
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