25 août 1944 · Hôtel de Ville / Notre-Dame, Paris

La Libération de Paris

La Libération de Paris

Le 24 août 1944 vers 21 h 22, une demi-douzaine de chars du général Leclerc débouchent sur la place de l'Hôtel-de-Ville. La colonne est commandée par le capitaine Raymond Dronne ; en tête roule le half-track baptisé Romilly, suivi de trois Sherman aux noms espagnols : Guadalajara, Teruel, Madrid. Leurs équipages sont des républicains espagnols de la 9e compagnie, surnommée La Nueve. Quelques minutes plus tard, le bourdon de Notre-Dame se met à sonner, repris par toutes les cloches de la capitale.

Une insurrection déclenchée avant l'arrivée des Alliés

Paris ne s'est pas libéré seul, mais il s'est soulevé seul. Le 19 août 1944, la police parisienne entre en grève et occupe la préfecture de police, en face de Notre-Dame. Le colonel Rol-Tanguy, chef des Forces françaises de l'intérieur en Île-de-France, installe son poste de commandement dans les souterrains sous la place Denfert-Rochereau. Des centaines de barricades s'élèvent dans les rues, faites de pavés, de meubles et d'arbres abattus. Une trêve fragile, négociée par le consul suédois Raoul Nordling, est rompue dès le 22 août.

Leclerc, la 2e DB et la course contre la garnison allemande

Eisenhower voulait contourner Paris pour ne pas s'enliser dans des combats de rue. C'est De Gaulle qui obtient l'envoi de la 2e division blindée du général Leclerc, débarquée en Normandie début août. Partie d'Argentan, la division force sa route depuis Rambouillet le 24 août. Le gros des troupes, avec le sous-groupement Billotte, entre par la porte d'Orléans le matin du 25 août. Les combats se concentrent autour de points fortifiés : l'École militaire, le palais du Luxembourg, la place de la Concorde. La 4e division d'infanterie américaine pénètre par l'est au même moment.

La capitulation signée à la gare Montparnasse

Le 25 août en fin de matinée, le général Dietrich von Choltitz, gouverneur militaire du Grand Paris, est capturé dans sa chambre de l'hôtel Meurice, rue de Rivoli. Hitler lui avait ordonné de détruire la ville ; il ne l'a pas fait. Choltitz signe la reddition de la garnison allemande à la gare Montparnasse, où Leclerc a installé son PC, en présence de Rol-Tanguy qui contresigne le document. Le même jour, De Gaulle prononce à l'Hôtel de Ville son discours resté célèbre : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »

Un défilé sous les balles le 26 août

Le lendemain, De Gaulle descend les Champs-Élysées à pied, de l'Arc de Triomphe à Notre-Dame, au milieu d'une foule immense. Lorsqu'il pénètre dans la cathédrale, des coups de feu éclatent à l'intérieur et sur le parvis — tireurs isolés ou panique mal expliquée, l'origine reste discutée par les historiens. La libération a coûté la vie à environ un millier de combattants FFI et civils, et à plusieurs centaines de soldats de la 2e DB et allemands.

Le saviez-vous ? Les premiers soldats à atteindre l'Hôtel de Ville n'étaient pas français mais espagnols. Engagés dans La Nueve, ces antifascistes ayant fui la guerre d'Espagne baptisaient leurs blindés Guernica, Don Quichotte ou Ebro. Une plaque le long de la Seine, quai de l'Hôtel-de-Ville, honore aujourd'hui leur mémoire.

En images

Le départ des alliés
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L'accueil des Parisiens
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L'adrénaline de la Résistance
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Les tanks dans Paris
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Le discours de de Gaulle
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La fête sur les boulevards
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Les cicatrices de la guerre
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