27–29 juillet 1830 · Bastille / Hôtel de Ville, Paris

Les Trois Glorieuses, révolution de Juillet

Les Trois Glorieuses, révolution de Juillet

Le 27 juillet 1830, au matin, Paris se hérisse de barricades. En trois jours, une émeute partie des quartiers de presse et des faubourgs ouvriers va renverser Charles X et clore définitivement la branche aînée des Bourbons. On les appellera les Trois Glorieuses.

Les quatre ordonnances qui mettent le feu

Tout commence par un journal. Le 26 juillet 1830, Le Moniteur universel publie les ordonnances signées la veille par Charles X à Saint-Cloud. Elles suspendent la liberté de la presse, dissolvent la Chambre des députés tout juste élue, modifient la loi électorale et convoquent de nouveaux scrutins. La réaction est immédiate. Adolphe Thiers rédige une protestation que signent une quarantaine de journalistes, dont ceux du National. Les imprimeurs ferment leurs ateliers, jetant des milliers d'ouvriers dans la rue. Le pouvoir, lui, croit à une simple agitation : le préfet de police a laissé Paris presque sans troupes, et le roi est parti chasser.

Trois jours de combats dans Paris

Le 27, les premiers heurts éclatent autour du Palais-Royal. Le 28, l'insurrection s'organise : on dépave les rues, on abat des arbres, on tend des chaînes. Plusieurs milliers de barricades coupent la capitale. Les insurgés s'emparent de l'Hôtel de Ville et hissent le drapeau tricolore sur Notre-Dame, banni depuis 1815 au profit du drapeau blanc des Bourbons. Le maréchal Auguste de Marmont, chargé de rétablir l'ordre avec une garnison insuffisante, voit ses soldats fraterniser ou refluer. Le 29 juillet, les Tuileries et le Louvre tombent. Le bilan, lourd, tourne autour de 700 morts et plusieurs milliers de blessés du côté des Parisiens.

La monarchie de Juillet plutôt que la République

La rue a vaincu, mais ce sont les députés libéraux qui récoltent. Réunis chez le banquier Jacques Laffitte, ils écartent l'hypothèse républicaine, jugée trop dangereuse, et se tournent vers Louis-Philippe, duc d'Orléans. Le 31 juillet, sur le balcon de l'Hôtel de Ville, La Fayette embrasse le duc, drapeau tricolore en main : le geste vaut adoubement. Charles X abdique le 2 août en faveur de son petit-fils, en vain. Le 9 août, Louis-Philippe devient « roi des Français », et non plus « roi de France » : la nuance marque une monarchie issue de la nation, non du droit divin. Charles X part en exil et meurt en 1836 à Görz, en Autriche.

Ce qu'il reste à Bastille et à l'Hôtel de Ville

Place de la Bastille se dresse la colonne de Juillet, surmontée du Génie de la Liberté doré sculpté par Auguste Dumont. Inaugurée en 1840, elle n'a rien à voir avec la prison de 1789 : elle commémore les Trois Glorieuses. Dans son soubassement reposent les restes de centaines de combattants de 1830, rejoints plus tard par des victimes de 1848. Sur le fût, des noms gravés rappellent les morts de juillet. Quant à l'Hôtel de Ville, théâtre de l'accolade décisive, il a été reconstruit après l'incendie de la Commune en 1871, mais la place reste celle où s'est joué le basculement de régime.

Le saviez-vous ? La Liberté guidant le peuple, le tableau d'Eugène Delacroix exposé au Louvre, ne représente pas la Révolution de 1789 comme on le croit souvent, mais bien les journées de juillet 1830.

En images

Mécontentement
Mécontentement
Ordonnances de Saint-Cloud
Ordonnances de Saint-Cloud
Manifestations
Manifestations
Barricades
Barricades
Intensification
Intensification
Paroxysme
Paroxysme
Victoire
Victoire